Le temps juste
Alors que je luttais à contre-courant, j’ai rencontré le temps juste, celui de l’alignement des désirs intérieurs avec les circonstances extérieures. When the time is right, English translation below
Cette semaine dans ma newsletter, je vous raconte comme une simple histoire de cuisine à rénover m’a permis de renouer avec mon intuition du temps « juste ». Je vous parle également d’un coup de cœur gastronomique à tester de toute urgence à Paris et de deux documentaires sur le foot qui m’ont passionnée.
Tables Singulières
Contenu sponsorisé
Avant de dérouler le menu de cette newsletter, je voulais vous parler de l’événement Tables Singulières qui aura lieu du 26 au 28 juin 2026 dans treize établissements étoilés à l’occasion du lancement de la cuvée Ruinart Blanc Singulier Édition 20. Attendu par les connaisseurs, ce champagne devient cet été la source d’inspiration de treize chefs engagés qui ont conçu un accord exclusif pour en révéler la complexité. Parmi eux, la cheffe étoilée Nadia Sammut du restaurant La Fenière, qui pense la cuisine comme une conversation avec la nature, a imaginé une expérience nourricière pour répondre à la palette aromatique de l’Édition 20. Une cuvée aux notes de santal, de benjoin et de cardamome ainsi qu’une saveur fruitée évoquant la pêche et la nectarine. Si vous aimez la haute gastronomie et le champagne, et que vous êtes en quête d’une expérience mémorable, réservez dès aujourd’hui une table dans l’un des restaurants sélectionnés par Ruinart. Il y en a aux quatre coins de l’hexagone ainsi qu’à Reims, à la Maison Ruinart, 4 rue des Crayères. Tables Singulières les 26, 27 et 28 juin 2026, réservation juste ici. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
Le temps juste
Il y a trois ans, une envie a surgi alors que j’étais en train de ranger la vaisselle : rénover notre cuisine. Soudainement, le noir mat choisi avec soin en 2015 pour nos portes de placard sur mesure m’a semblé d’un ennui morbide. Il m’est devenu insupportable. J’ai commencé à brainstormer sur Instagram. J’ai reçu des tonnes de conseils en messages privés. Pourtant, je n’arrivais pas à visualiser la future pièce. J’ai rencontré plusieurs architectes. Bertille Bordja du Studio d’architecture Ovo m’a fait prendre conscience que je ne pouvais pas penser la rénovation de ma cuisine comme un élément détaché du reste de mon appartement. Elle m’a aussi alertée au sujet de l’augmentation du prix des matériaux et de la nécessité de me trouver un autre logement pendant la durée de la rénovation. Elle avait raison mais ses mises en garde m’ont figée. J’ai placé notre projet en mode avion pendant quelques saisons, d’autant que je ne me voyais pas déménager alors que ma fille préparait le Bac. Olivia Samson, fondatrice de l’agence So Workshop, architecte d’intérieur et chasseur d’appartement, a tout de suite pointé les défauts actuels de ma cuisine et a listé les points pratiques essentiels pour assurer une bonne circulation dans l’espace. J’ai consulté Julie Couturier basée à Arles qui, au cours d’un de ses passages à Paris, a ouvert tous mes tiroirs, visité chaque pièce de mon appartement et m’a poussée à enclencher une grande phase de tri. Voilà qu’une simple histoire de cuisine m’obligeait à interroger ma peur du manque, du vide, et ma tendance chronique à l’accumulation. En chemin, j’ai trouvé 18 coupe-ongles et une dizaine de pinces à épiler, 6 tubes de dentifrice neufs et 26 coquetiers dépareillés. Tous conservés « au cas où ». J’ai rempli des cartons pour des associations de mon quartier. Le noir de ma cuisine me débéquetait toujours autant mais la pièce s’est allégée de mille objets inutiles qui l’encombraient. On a changé le sens de la table dans l’espace. C’était mieux. Je n’avais cependant toujours pas « la » vision. J’ai dessiné mille configurations. J’ai élaboré des moodboards sur Pinterest et écumé le compte Instagram de DeVOL Kitchen. J’ai commandé des échantillons de matériaux et des couleurs de façade chez Plum Living. Toujours bloquée. Comme je conceptualise habituellement très bien ce que je désire, j’ai senti que cette tension créative exigeait que je patiente. L’expérience m’a prouvé que lorsqu’une situation manque de fluidité, je dois cesser de m’acharner. Attendre. Changer de point de focalisation. Je me suis soumise à cet ordre intérieur. Quelques semaines plus tard, une opportunité inattendue s’est ouverte à nous et nous avons réussi à acquérir une chambre de service mitoyenne de mon bureau, juste au-dessus de chez moi. C’était donc là que mon énergie était attendue. Il m’a fallu près de dix-huit mois pour négocier, acheter, concevoir la rénovation de cette pièce avec l’aide d’Olivia Samson (qui m’a aussi beaucoup guidée dans l’achat), obtenir les autorisations pour créer une fenêtre de toit, finaliser les travaux et installer ma fille dans cet espace. À présent, toutes les cartes sont rebattues. Son ancienne chambre va devenir mon bureau. Et notre désir de rénovation ne se limite plus à la cuisine. C’est tout notre appartement que nous avons envie de lifter. Cela demande beaucoup d’organisation en amont, de devis d’entreprises, de coordination et un bien plus gros budget (même si le nôtre reste serré). Néanmoins, la fluidité est revenue. En cessant de donner des cours de yoga en mars dernier, j’ai libéré un espace mental et temporel nécessaire pour stimuler mon imagination. Tout a commencé à se mettre en place avec aisance, comme si mon horloge intérieure s’était synchronisée avec un temps qui me dépasse. Les solutions pour aller vivre ailleurs pendant la durée des travaux sont apparues, les contacts précieux abondent sans effort, et surtout, j’ai retrouvé mon imagination ! J’arrive à envisager ce à quoi cela va ressembler. Je peux le dessiner. J’en suis même excitée comme une enfant. Heureusement que je ne me suis pas précipitée il y a trois ans. Il fallait attendre le bon moment. Comme toujours. À présent, nous avons trois mois pour tout préparer et attaquer ces travaux tant attendus à la rentrée. J’ai le cœur léger, l’enthousiasme exponentiel et je me sens soutenue. Le temps juste est revenu.
Le restaurant qui m’a fait chavirer
Située entre les quais de Seine et la rue Saint-André-des-Arts près d’Odéon à Paris, la rue des Grands Augustins est devenue ma deuxième maison pendant plusieurs mois. C’est sur cette voie qu’est installé le Studio Rituel où j’ai entamé une formation à l’enseignement du Pilates (voir ma dernière newsletter). Or, à chaque fois que je sortais du studio, j’étais intriguée par la façade du restaurant juste en face. Vitrine élégante et nom mystérieux : Oktobre avec un K. J’avais le souvenir d’un autre restaurant au même endroit. En effet, cet établissement ouvert en 2023 a remplacé une institution du quartier, le Kitchen Galerie Bis. Et c’est justement en référence à ce lieu où il a longtemps œuvré que le chef du restaurant Oktobre, Martin Maumet, a choisi d’insérer la lettre K lorsqu’il a repris les murs pour y lancer sa propre cuisine. Malgré ma fréquentation monomaniaque de la rue pendant des mois, je n’ai pris le temps de découvrir ce restaurant qu’en avril dernier. Je rentrais d’une résidence d’écriture à Ars-en-Ré, je sortais tout juste de la gare Montparnasse et j’étais très en avance pour mon dernier module de formation. Je me suis installée seule à côté d’un trio de copains qui ont passé leur déjeuner à critiquer leurs collègues – régalade des conversations des autres. Le réseau de mon téléphone ne passait pas à l’intérieur des murs. C’était parfait : j’allais pouvoir savourer mon repas sans que mon attention ne soit détournée de mes sensations gustatives. Était-ce bien raisonnable d’opter pour la formule entrée/plat/dessert alors que je m’apprêtais à pratiquer du Pilates pendant huit heures d’affilée ? Pas vraiment ha ha ha. Mais je n’ai rien regretté de ce repas majestueux. Dès l’entrée surprise en trois hors-d’œuvre, j’ai su que j’avais fait le bon choix : mini-portion de truite en sashimi, une raviole pimentée croustillante et un tartare de veau « à se taper le cul par terre » (ce sont mes notes). Tandis que mes voisins de table, Jean-Jacques, Michel et Patrick se faisaient tout le staff de leur bureau par le menu, en listant les « branleurs », de la ligue deux à la catégorie olympique, je me délectais d’une caille à la crème de pistache et aux asperges blanches en retenant un murmure orgasmique. Le chef Martin Maumet dit de lui-même qu’il est un « psychopathe des sauces ». Il a bien raison de se livrer pleinement à son obsession, c’est un délice. En dessert, j’ai choisi l’énigmatique « une fraise » sur les conseils du serveur. Je voulais terminer en légèreté avant d’enchaîner les teasers sur le Reformer. Et c’est comme si Martin Maumet avait lu mes désirs en créant mon dessert rêvé, ni trop sucré, ni trop lourd. Une coque de meringue aussi fine que de la porcelaine sur laquelle reposait une crème fouettée à peine sucrée à la fève tonka et une gelée de fraise acidulée, accompagnée d’une quenelle de sorbet gingembre rhubarbe sur une fine croûte de spéculoos maison. Je me suis dit que la vie était fantastique, que j’avais une chance folle et je me suis remerciée de m’être offert cette expérience. Alors que je réglais l’addition archi raisonnable compte tenu du festin gustatif, j’ai entendu Michel dire à Patrick « J’aurais bien proposé à Martine de nous rejoindre, mais le problème avec elle, c’est que c’est la reine du commérage, elle passe son temps à parler des autres ». Les deux comparses ont acquiescé et je suis sortie, en riant.
Menus Entrée/plat ou plat/dessert à 32€ à l’heure du déjeuner, Entrée/plat/dessert à 39€ pour le déjeuner. Menu découverte en 6 services à 89€ pour le dîner ou bien plats à la carte (autour de 40€ le plat en moyenne à l’heure du diner). Oktobre, 25 Rue des Grands Augustins, 75006 Paris, Tél. : 01 46 33 00 85, ou réservations par email à restaurant@oktobre.fr
Le fou du bus

Cela fait 24 ans que je partage ma vie avec un artiste merveilleux qui est aussi un supporter du Paris Saint-Germain. Notre premier rendez-vous était au Parc des Princes en août 2002, pour l’ouverture du championnat. PSG-Auxerre, comment oublier cette soirée ? Au moins, je n’étais pas prise en traître, le foot allait faire partie de notre vie. Moi qui avais une image déplorable des supporters que je croyais tous aussi demeurés que violents, j’ai découvert un groupe de copains aussi fans de leur club que des gosses devant des autocollants Panini dans la cour de récré. Il y a une tendresse enfantine qui m’émeut chez les supporters de football et qui n’a rien à voir avec la caricature de hooligans qu’on fait d’eux dans les médias. J’adore écouter leurs débats, leurs disputes, leurs critiques stratégiques et leur sens de la répartie. On a l’impression qu’il est question de vie ou de mort. Il n’y a pas une équipe d’un côté et des spectateurs de l’autre. Il y a une unité qui dit « nous » quand le club gagne, qui désespère collectivement les soirs de défaite et qui s’adresse aux joueurs comme s’ils étaient une extension d’eux-mêmes. Je ne m’intéresse pas au foot pour autant. J’aime regarder les matchs lorsque l’enjeu est majeur. J’aime encore plus observer mon mari et ses amis les soirs de finale. Mais je prends les choses tellement à cœur que j’ai l’impression que je pourrais crever de stress jusqu’à la quatre-vingt-dixième minute. Alors, imaginez mon état samedi soir lorsque le match s’est prolongé jusqu’aux tirs au but ! Dans la rue, en bas de chez moi, pas de débordement, juste une joie contagieuse mêlant les vieux aux jeunes qui m’a rappelé les victoires de la France les soirs de coupes du monde. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, le foot est le sport le plus regardé au monde. Sans doute parce qu’il est accessible à tous, simple à comprendre et qu’il est si puissant sur le plan identitaire. Quelle que soit la nationalité des joueurs, ils incarnent, en endossant le maillot d’une équipe, la région où les supporters ont grandi qui se retrouvent unis derrière un drapeau, malgré leurs différences. Et puis, comme dans tous les sports collectifs, une micro-société se forme sous nos yeux, avec un entraîneur, un capitaine, des attaquants, des milieux de terrain et des défenseurs. Si l’un d’entre eux cesse de jouer avec les autres et qu’il fait bande à part, il fait perdre son équipe et les supporters. Si le sujet vous intéresse, je vous recommande deux documentaires. Le premier, délirant, s’appelle Le Bus : Les Bleus en grève (sur Netflix). On y retrouve l’équipe de France de 2010 et leur coach, Raymond Domenech. Et vous allez voir que l’angle choisi à l’époque par les médias pour décrire les joueurs de cette équipe lorsqu’ils ont refusé de sortir s’entraîner est bien différent de la réalité. Quant au sélectionneur qui choisit ses joueurs selon leur signe astrologique et enchaine les mépris de classe les uns après les autres, je ne m’en suis pas remise ! On comprend que le rôle du coach est essentiel pour la réussite et la cohésion d’un groupe. Du coup, si vous voulez voir une autre manière de diriger, je vous recommande le documentaire « Vous ne pouvez pas comprendre » sur l’entraîneur espagnol Luis Enrique (sur Canal Plus). Je le trouve fascinant…
English translation below
When the time feels right
As I stopped struggling against the current, I encountered the right timing—the moment when inner desires align with external circumstances.
This week in my newsletter, I share how a simple kitchen renovation project helped me reconnect with my intuition for the “right timing”. I also tell you about a gastronomic gem in Paris that deserves an urgent visit, and two football documentaries that completely captivated me.
Tables Singulières
Sponsored content
Before I dive into this newsletter, I wanted to tell you about Tables Singulières, an event taking place from June 26 to 28, 2026, in thirteen Michelin-starred establishments to celebrate the launch of Ruinart Blanc Singulier Edition 20. Eagerly anticipated by connoisseurs, this champagne becomes the inspiration this summer for thirteen committed chefs, each of whom has created an exclusive pairing designed to reveal its complexity. Among them is Michelin-starred chef Nadia Sammut of La Fenière, who approaches cooking as a conversation with nature. She has imagined a deeply nourishing experience in response to the aromatic palette of Edition 20, a cuvée marked by notes of sandalwood, benzoin and cardamom, alongside fruity flavors reminiscent of peach and nectarine. If you love fine dining and champagne and are looking for a memorable experience, reserve a table today at one of the restaurants selected by Ruinart. Participating venues can be found throughout France, as well as in Reims at Maison Ruinart, 4 rue des Crayères. Tables Singulières, June 26, 27 and 28, 2026. Reservations available here. Excessive alcohol consumption is harmful to your health. Please drink responsibly.
The Right Timing
Three years ago, while putting away the dishes, I was suddenly struck by a desire: to renovate our kitchen. All at once, the matte black finish we had carefully chosen in 2015 for our custom-made cabinet doors seemed morbidly dull. I could no longer stand it. I started brainstorming on Instagram. I received countless suggestions via direct messages. Yet I still couldn’t picture what the room should become. I met with several architects. Bertille Bordja of Ovo Architecture Studio helped me realize that I couldn’t think of my kitchen renovation as something separate from the rest of my apartment. She also warned me about rising material costs and the need to find temporary accommodation during the renovation. She was right, but her warnings left me frozen. I put our project on airplane mode for a few seasons, especially since I couldn’t imagine moving out while my daughter was preparing for her Baccalauréat exams. Olivia Samson, founder of So Workshop, interior designer and property hunter, immediately identified the shortcomings of my current kitchen and listed the practical essentials needed to ensure a smooth flow through the space. I also consulted Julie Couturier, who is based in Arles. During one of her visits to Paris, she opened every drawer, inspected every room in my apartment, and encouraged me to embark on a major decluttering process. Suddenly, what had begun as a simple kitchen project forced me to confront my fear of scarcity, my fear of emptiness, and my chronic tendency to accumulate things. Along the way, I discovered eighteen nail clippers, around ten pairs of tweezers, six unopened tubes of toothpaste, and twenty-six mismatched egg cups. All carefully kept “just in case.” I filled boxes for local charities. The black kitchen still annoyed me just as much, but the room had shed a thousand unnecessary objects that had been weighing it down. We changed the orientation of the dining table. It felt better. And yet, I still didn’t have the vision. I sketched countless layouts. I created mood boards on Pinterest and spent hours scrolling through DeVOL Kitchens’ Instagram account. I ordered material samples and cabinet colour swatches from Plum Living. Still stuck. Because I usually have a very clear sense of what I want, I sensed that this creative tension was asking me to wait. Experience has taught me that when a situation lacks flow, I need to stop forcing things. Wait. Shift my focus elsewhere. So I surrendered to that inner instruction. A few weeks later, an unexpected opportunity presented itself, and we managed to purchase a small maid’s room adjoining my office, directly above our apartment. That, it turned out, was where my energy was meant to go. It took nearly eighteen months to negotiate the purchase, design the renovation with Olivia Samson’s help (she also guided me through the acquisition process), obtain permission to install a skylight, complete the work, and finally move my daughter into the space. Now, everything has changed. Her former bedroom will become my office. And our renovation plans no longer stop at the kitchen. We now want to refresh the entire apartment. It requires extensive planning, contractor estimates, coordination, and a much larger budget—even if ours remains fairly modest. And yet, the sense of flow has returned. When I stopped teaching yoga classes last March, I freed up the mental and emotional space necessary to reignite my imagination. Everything began falling into place effortlessly, as though my inner clock had synchronized with a timing greater than myself. Solutions for where we might live during the renovation appeared. Helpful contacts surfaced with ease. And above all, my imagination returned. I can finally see what it might look like. I can draw it. I’m even excited about it, like a child. Thank goodness I didn’t rush into it three years ago. The right moment simply hadn’t arrived. As always. Now we have three months to prepare everything and begin the long-awaited renovation when autumn arrives. My heart feels light, my enthusiasm is boundless, and I feel supported. The right timing has returned.
The Restaurant That Swept Me Off My Feet
Nestled between the Seine riverbanks and Rue Saint-André-des-Arts, near Odéon in Paris, Rue des Grands Augustins became my second home for several months. It’s where Studio Rituel is located, the place where I began my Pilates teacher training (see my previous newsletter). Every time I left the studio, however, I found myself intrigued by the restaurant directly across the street. An elegant storefront. A mysterious name. Oktobre, with a K. I remembered another restaurant occupying the same space. Indeed, this establishment, which opened in 2023, replaced a local institution: Kitchen Galerie Bis. And it is precisely as a tribute to that restaurant, where he spent many years honing his craft, that Oktobre’s chef, Martin Maumet, chose to include the letter K when he took over the premises and launched his own culinary venture. Despite my almost obsessive familiarity with the street over those months, I didn’t actually take the time to eat there until last April. I had just returned from a writing residency in Ars-en-Ré, stepped off the train at Montparnasse station, and found myself with plenty of time before the final module of my training course. I sat down alone next to a trio of friends who spent their entire lunch break criticizing their colleagues—a delightful source of entertainment, other people’s conversations. There was no phone reception inside the restaurant. Perfect. I would be able to enjoy my meal without my attention being pulled away from my taste buds. Was it really reasonable to order the three-course lunch menu when I was about to spend eight consecutive hours practicing Pilates? Not really. Ha ha ha. And yet I didn’t regret a single bite of that magnificent meal. From the moment the surprise starter arrived—a trio of hors d’oeuvres—I knew I had made the right choice: a tiny portion of sashimi-style trout, a crispy spicy raviolo, and a veal tartare that was, according to my notes, “so good it could knock you sideways.” Meanwhile, my table neighbours—Jean-Jacques, Michel and Patrick—were working their way through every member of their office staff, categorising the “slackers” from minor league to Olympic level. I, for my part, was savouring quail with pistachio cream and white asparagus while suppressing what can only be described as an orgasmic murmur. Chef Martin Maumet describes himself as a “sauce psychopath.” He’s absolutely right to indulge that obsession. The results are extraordinary. For dessert, I followed the waiter’s recommendation and ordered the intriguingly named “A Strawberry.” I wanted to finish on a light note before heading back to the Reformers. It was as though Martin Maumet had somehow read my mind and created my dream dessert: neither too sweet nor too rich. A meringue shell as delicate as porcelain, topped with lightly sweetened tonka bean whipped cream and a tangy strawberry jelly, accompanied by a quenelle of ginger-rhubarb sorbet resting on a thin homemade speculoos crust. I remember thinking how wonderful life was, how lucky I was, and thanking myself for giving myself that experience. As I paid the remarkably reasonable bill considering the feast I had just enjoyed, I overheard Michel say to Patrick: “I would have invited Martine to join us, but the problem with her is that she’s the queen of gossip. She spends all her time talking about other people.” His two companions nodded in agreement. I left the restaurant laughing. Lunch menus: starter/main course or main course/dessert €32; starter/main course/dessert €39. Six-course tasting menu €89 for dinner, or à la carte dishes (around €40 per main course on average).Oktobre 25 Rue des Grands Augustins, 75006 Paris, Tel: +33 (0)1 46 33 00 85, Reservations: restaurant@oktobre.fr
My football conversion
For the past twenty-four years, I have shared my life with a wonderful artist who also happens to be a devoted Paris Saint-Germain supporter. Our first date took place at Parc des Princes in August 2002, on opening day of the football season. PSG versus Auxerre—how could I ever forget that evening? At least I wasn’t caught off guard. Football was clearly going to be part of our lives. Back then, I had a terrible opinion of football supporters. I imagined them all to be equally foolish and violent. Instead, I discovered a group of friends who loved their club with the same enthusiasm that children bring to swapping Panini stickers in the school playground. There is a childlike tenderness in football supporters that moves me deeply and bears no resemblance to the hooligan caricature so often portrayed in the media. I love listening to their debates, their arguments, their tactical analyses, and their quick wit. You would think life and death were at stake. There isn’t a team on one side and spectators on the other. There is a collective entity that says “we” when the club wins, that sinks into despair together after a defeat, and that speaks about the players as though they were extensions of themselves. That doesn’t mean I’m particularly interested in football. I enjoy watching matches when the stakes are high. I enjoy even more watching my husband and his friends during finals. The problem is that I become so emotionally invested that I feel I might die of stress before the ninetieth minute. So imagine my state on Saturday night when the match went all the way to a penalty shootout. Down on my street, there was no chaos, no trouble—just a contagious joy shared by young and old alike. It reminded me of France’s victories during past World Cups. Love it or hate it, football remains the most-watched sport in the world. Perhaps because it is accessible to everyone, easy to understand, and incredibly powerful as a marker of identity. Whatever the nationality of the players, once they put on a team’s jersey, they come to embody the place where the supporters grew up. Despite their differences, those supporters unite behind a common flag. And then, as with all team sports, a miniature society forms before our eyes: a coach, a captain, forwards, midfielders and defenders. If one of them stops playing with the others and decides to go it alone, the entire team—and its supporters—pay the price. If the subject interests you, I’d like to recommend two documentaries. The first, which is absolutely wild, is called The Bus: Les Bleus on Strike. It follows the French national team during the infamous 2010 World Cup and features their coach, Raymond Domenech. What becomes striking as you watch it is how different reality was from the narrative promoted by the media at the time, when the players refused to leave the team bus and attend training. As for the national coach who selected players according to their astrological signs while serving up one classist remark after another, I’m still not over it. The documentary makes it clear just how essential a coach’s role is in the success and cohesion of a group. And if you’d like to see a completely different style of leadership, I highly recommend the documentary You Can’t Understand, about Spanish coach Luis Enrique (available on Canal+). I find him absolutely fascinating...








Toujours aussi intéressante cette newsletter 😍
Cela me donne très très envie de tester Oktobre (rien que d’y penser j’en salive littéralement 😋) et de regarder le docu sur Luis Enrique (il est fascinant).
Passionnant, as usual ! Merci Lili 🤗