La chambre vide
Syndrome du nid vide, fleurs des champs, mon retour sur ma formation Pilates et le film qui fertilise la pensée. The empty room, English translation below
J’ai plié les robes Bonpoint et je les ai glissées dans du papier de soie, rempli des sacs de vêtements pour des associations, jeté les jouets cassés et rangé les trésors de l’enfance dans des caisses numérotées. « Tu ne vas pas garder ce vieux sweat à pois ? » m’a demandé ma fille en me voyant sniffer un petit jersey de coton élimé qu’elle portait lorsqu’elle avait trois ans. Ce minuscule vêtement recelait à lui seul bien trop de souvenirs pour être jeté. Premières boucles soyeuses derrière la nuque. Dinette préparée pour le chat et les doudous. Lecture à voix haute de Barbouille chez le coiffeur. Petites mains enfarinées dans de la pâte à sel. Chansons inventées sur le chemin des vacances… Et voilà qu’aujourd’hui, cette personne adorée devenue adulte s’installe seule. Pas loin de nous. Juste un étage au-dessus. N’empêche qu’à l’heure où j’écris, sa chambre, dans notre appartement, est vide. Le matelas n’est plus là. La pièce parait immense. Matérialisation de l’état du nid. Vide. Est-ce que j’ai pleuré ? Oui. Est-ce que cela m’émeut encore un peu ? Aussi. C’est une année de nouveaux cycles pour moi. Après la phase de nettoyage, j’entre en mode « rinçage » ha ha ha. Paradoxalement, ma nostalgie passagère cohabite avec un grand bonheur. Celui d’une vie à réinventer. Et d’une nouvelle façon d’être mère.
Foisonnement de fleurs fraiches
Juste avant cette vague de chaleur, j’ai participé à un atelier floral chez Désirée Fleurs à l’occasion du lancement d’éditions limitées de la marque de cosmétiques Oden. C’était ma toute première sortie depuis ma fracture de l’orteil et je ne savais pas si j’allais réussir à tenir longtemps debout. On avait prévu un tabouret pour moi afin que je compose mon bouquet de fleurs locales et de saison. Les deux fondatrices de Désirée Fleurs et Marion Weber, la créatrice d’Oden se sont bien trouvées. Elles sont toutes les trois si engagées à sourcer les fleurs les plus respectueuses de l’environnement afin d’enchanter notre quotidien. Elles pourraient se contenter d’être poétiques et de proposer de la beauté à contempler dans un vase ou à appliquer sur la peau. Mais elles sont avant tout guidées par une mission de sens : nous donner accès à des plantes qui, de la tige aux pétales, ont grandi dans le respect de la terre et des humains qui les manipulent. J’ai appris que l’usage des pesticides dans la culture intensive des fleurs met à la fois en danger les agriculteurs mais aussi les fleuristes qui les manipulent dans leurs boutiques. Alors, on s’est réjoui de fabriquer un bouquet avec des pois de senteur, des roses de jardin et des pivoines locales. À l’occasion de la fête des mères, Marion Weber nous a présenté le coffret imprimé de roses que l’on peut remplir de brumes, de sérum ou d’huiles de son choix. Mes quatre coups de cœur sont la brume en édition limitée de jasmin et de rose de Damas (la senteur est folle !), le sérum hydratant à l’acide hyaluronique et à l’aloe vera français (pile la texture fraiche dont j’ai envie avec cette chaleur), la crème hydratante aux plantes 100% françaises (un fluide léger parfait pour cette saison) et l’huile visage de prune que j’applique la nuit (et dont le parfum me rend zinzin). On peut composer son coffret comme on le souhaite selon son type de peau. Qu’est-ce que j’aime cette marque ! Soutenez ces femmes entrepreneures, elles sont si inspirantes…
Mon retour sur ma formation à l’enseignement du Pilates
Le quatrième et dernier module de ma formation à l’enseignement du Pilates sur tapis et machines s’est achevé en avril 2026. J’ai reçu beaucoup de questions au sujet de cette expérience démarrée en octobre 2025 et je vais tâcher d’y répondre. Je me suis inscrite, sur un coup de tête, à la formation de Pilates « Basi » proposée par le sublime Studio Rituel à Paris. Je n’ai pas fait d’étude de marché concernant les différentes écoles de Pilates et je ne savais pas que « Basi » était une déclinaison contemporaine. Les dates des modules étaient compatibles avec mon emploi du temps, l’opportunité s’est manifestée et j’ai fait confiance à Verena, la fondatrice du studio qui enseigne depuis plus de vingt-cinq ans le Pilates dont elle connait toutes les variations, le Gyrotonic et le yoga.

Pourquoi une nouvelle formation ?
Mon intention était de mieux comprendre la méthode inventée par Joseph Pilates, de gagner en autonomie dans ma pratique et d’intégrer des exercices dans mes propres cours sur ma plateforme. Ces objectifs ont été atteints. Contrairement aux autres stagiaires inscrits avec moi dans cette formation, je n’ai jamais ressenti le désir d’enseigner sur machines ni d’ouvrir un studio de « reformer ». Dès la première journée de formation à Paris, j’ai compris que je m’étais engagée dans un projet trop ambitieux par rapport à mon emploi du temps déjà chargé mais il était déjà trop tard pour me faire rembourser. Alors, je me suis accrochée. Et j’ai bien fait car j’ai beaucoup appris.
Comment ça se passe ?
Ouverte aux élèves ayant déjà cumulé 70 heures de cours de Pilates, la formation est divisée en quatre stages intensifs de quatre jours (le futur programme d’automne 2026 se déroule sur 3 jours au lieu de 4) auxquels il faut ajouter 40 cours professionnels de 90 minutes, 100 heures d’observation (pendant lesquelles on prend des notes alors qu’un prof certifié Basi enseigne), 100 heures de pratique personnelle et 200 heures de pratique de l’enseignement (on prépare un vrai cours complet pour un proche qui jouera les cobayes sur une machine). L’examen à la clef se passe en trois temps : un QCM en anglais et en ligne sur toute la partie théorique, quatre exercices tirés au sort à exécuter parfaitement devant un jury (tout appareil confondu) ainsi qu’un cours d’une heure donné à un élève inconnu devant un jury composé de profs issus du Studio Rituel et d’ailleurs pour assurer un jugement impartial.
Une formation exigeante de grande qualité
Si vous cherchez une formation ultra sérieuse, exigeante, reconnue par la Fédération française du Pilates (FPMP) ainsi que la Pilates Method Alliance (PMA) et que votre souhait est d’enseigner en studio, en cours privés ou collectifs, la formation internationale Basi Pilates proposée au Studio Rituel est peut-être pour vous. Notez qu’il vous faudra, en plus des différents stages, un minimum d’un an d’engagement pour vous préparer à l’examen. Oubliez les formations en 48h chrono où tout le monde repart avec un certificat. Pas de formule magique ici, les élèves de ma formation qui ont vraiment progressé passent leur vie au studio et enchainent des heures d’observation après leur entrainement, tout en s’exerçant à se donner des cours entre eux, en plus d’un travail continu à la maison pour apprendre par cœur les manuels et la théorie. Il y a des centaines d’exercices à connaitre jusqu’au bout des orteils, pour pouvoir les exécuter et les transmettre avec les indications justes, le placement « Basi » (un Pilates dit « contemporain ») qui n’est pas exactement le même qu’un Pilates dit « classique ». Cela nécessite une sacrée organisation dans les révisions avec du bachotage permanent. Avant de me casser l’orteil, j’allais au Studio Rituel trois fois par semaine pour m’entrainer dans leurs classes réservées aux pros, je prenais d’autres cours ailleurs et je bouquinais mes manuels le soir à la maison : sachez que ce n’était pas suffisant. Ah et j’oubliais : si vous souhaitez enseigner officiellement la « Méthode Pilates » en France, il vous faudra également être titulaire d’un titre reconnu par le Ministère des Sports (Brevet d’état ou Certificat de Qualification Professionnelle de coach sportif). Traduction : il y a dans ma formation des élèves qui préparent un CQP de coach sportif en plus du reste !!! Des warriors !
Progression et humilité
Ce que j’ai adoré en suivant cette formation, c’est tout ce que j’ai compris sur le plan anatomique, sur le plan théorique et dans ma pratique personnelle. La manière dont j’observe un corps a changé, qu’il soit en mouvement ou statique. Ma posture au Pilates comme dans tous les autres sports que j’aime s’est améliorée, mes sensations musculaires se sont précisées, ce qui me permet d’isoler plus aisément des zones à travailler. J’ai gagné en proprioception mais aussi en prises de conscience concernant les exercices inadaptés qui mettent mon corps en danger. Je me suis enrichie au contact de mes formatrices qui, bien qu’ayant des profils et des styles différents, partagent toutes la même passion de la transmission. Vraiment, j’ai rarement rencontré un tel niveau d’enseignement ! J’ai adoré retrouver un statut d’étudiante et la sensation de repartir de zéro malgré mon expérience dans l’enseignement du yoga. Surtout, j’ai mieux compris pourquoi on parle du Pilates comme d’un système où les appareils se complètent entre eux. Est-ce que je maitrise pour autant le répertoire ? Pas du tout ! Je me sens encore plus débutante aujourd’hui qu’il y a un an. Cette formation a le mérite de booster l’humilité.
Difficultés et bémols
Ce que j’ai trouvé le plus difficile au cours de ces derniers mois, c’est le sentiment de confusion qui ne m’a pas quitté. La méthode Basi Pilates forme à tous les appareils en même temps. C’est un choix pédagogique du fondateur de la méthode, Rael Isacowitz. Pour moi, c’est plus facile de me concentrer à fond sur un élément (le mat par exemple) puis de passer au suivant (le reformer, la cadillac, la wunda chair…). Je me suis sentie noyée par la profusion d’informations à intégrer simultanément. Si on n’investit pas l’essentiel de son temps dans l’apprentissage, on accumule rapidement des grandes lacunes. Si vous êtes déjà très occupés, vous risquez de vous sentir en échec. J’ai aussi été troublée par les modifications apportées aux exercices classiques. J’ai dû désapprendre ce que j’avais acquis ces dernières années pour m’adapter à d’autres rythmes de respiration, de nouveaux noms et des mises en place singulières. Du coup, j’ai décidé de délaisser le Pilates classique le temps de ma formation car la cohabitation des différentes méthodes (Romana, etc…) n’était pas bonne pour mon cerveau. Les stages sont passionnants mais ils sont très denses. C’est peut-être une question d’âge mais j’aurais probablement été plus attentive si les quatre jours d’enseignement condensés avaient été déclinés sur une semaine pleine avec plus de temps d’intégration entre chaque cours. Enfin, le prix du training est élevé avec beaucoup de frais complémentaires à ajouter au fil de l’apprentissage. Par exemple, je trouve regrettable (et cela n’a rien à voir avec le Studio Rituel) que Basi ne fournisse pas de manuels « papier » aux élèves. On a uniquement accès à des manuels en ligne qu’on ne peut pas imprimer. Il faut payer pour obtenir une version imprimable puis ajouter un coût supplémentaire en impression pour chaque manuel. Il faut aussi payer pour passer l’examen – à faire dans les trois ans qui suivent la fin du dernier module – et payer à nouveau en cas d’échec (comme pour le permis de conduire). Je ne sais pas comment ça se déroule ailleurs…
Et maintenant ?
La fracture de mon orteil qui m’handicape depuis 5 semaines a mis un coup d’arrêt à mon entrainement. Mais j’avais déjà pris une décision avant d’achever mon dernier module : je ne me préparerai pas à l’examen d’octobre 2026. Je ne suis d’ailleurs pas certaine de valider cette formation par un diplôme. Il y a d’autres projets qui m’animent actuellement et qui nécessitent toute mon attention. Je changerai peut-être d’avis dans les trois ans qui viennent, si j’ai le loisir de consacrer six mois aux révisions. Je me sens fière de ne pas céder à la pression de mon éducation qui m’a toujours poussé à terminer ce que j’entamais, quel qu’en soit le coût. J’essaie d’appliquer ce qui me semble cardinal en restant loyale à ce qui me tient le plus à cœur, même si cette décision m’oblige à renoncer au prestige étincelant du diplôme. J’ai déjà appris énormément et je vais continuer à pratiquer le Pilates avec joie et à mon rythme. Je suis d’ailleurs impatiente de retrouver le Studio Rituel. En tous cas, dans quelques mois, il y aura, parmi les élèves de ma promo, de jeunes profs diplômés d’un niveau exceptionnel ! Pour plus d’informations, rendez-vous ici (je précise que je ne suis absolument pas payée par le Studio Rituel pour vous faire ce retour sincère et que j’ai financé seule ma formation).
Sirāt, un chemin de réflexion
L’édition 2026 du festival de Cannes vient de s’achever et j’ai découvert seulement cette année une œuvre récompensée par le prix du Jury en 2025 : Sirāt (diffusé en ce moment sur Canal Plus). Je me souvenais que ce film d’Oliver Laxe avait provoqué des réactions très contrastées autour de moi mais j’ignorais complètement de quoi il parlait. J’ai donc eu la chance de le voir sans attente. Fait rare, j’ai été happée par l’image et le son dès les premières minutes. Le niveau de mon attention devant un écran de télévision s’est nettement dégradé ces derniers mois et j’avoue que je passe de mon écran de téléphone à celui de mon ordi dès qu’un film m’ennuie. Une rave clandestine s’organise au milieu d’un désert d’une beauté époustouflante. Un homme (Sergi Lopez) accompagné de son fils et d’un jeune chien cherche sa fille parmi les ravers. S’ensuit un road-trip en camions sur fond de menace de troisième guerre mondiale. Je ne saurai pas vous dire si j’ai aimé ce film. Il a rempli une fonction bien plus intéressante à mes yeux que celle d’être agréable : l’œuvre vit désormais en moi. Elle m’interroge sur le sens de notre court passage sur terre. Le mien. Celui de l’humanité. Et sur ce qui nous lie, les uns aux autres. Cette fable noire m’a rappelé le choc ressenti lorsque j’ai lu La Route de Cormac McCarthy. J’avais été si troublée par l’épure des mots choisis pour décrire la quête d’un père qui avance à l’aveugle dans une situation postapocalyptique. J’ai aussi pensé au théâtre de l’absurde, à Ionesco et à Beckett, lorsqu’on ne sait plus où l’on se trouve ni où l’on va. Sirāt, qui signifie « chemin » en arabe, offre une expérience puissante et rugueuse. Une voie de réflexion spirituelle. Inconfortable. Mais extrêmement fertile pour la pensée.
English translation
The Empty Room
Empty-nest syndrome, wildflowers, what my Pilates training revealed, and the film that leaves the mind newly fertile.
I folded the Bonpoint dresses into sheets of tissue paper, filled bags with clothes for charity, threw away the broken toys and packed the treasures of childhood into numbered boxes. “You’re not going to keep this old polka-dot sweatshirt?” my daughter asked, watching me sniff a tiny worn cotton jersey she used to wear when she was three. That miniature piece of clothing alone held far too many memories to be thrown away. The first silky curls at the nape of her neck. Little pretend meals prepared for our cat and her teddies. Reading Barbouille chez le coiffeur out loud. Small flour-covered hands kneading salt dough. Songs invented on the drive to holiday destinations… And now, suddenly, this beloved person — now grown — is moving into a place of her own. Not far from us. Just one floor above. Still, as I write this, her room in our apartment is empty. The mattress is gone. The room feels enormous. A physical manifestation of the state of the nest. Empty. Did I cry? Yes. Does it still move me a little? It does. This is a year of new cycles for me. After the cleaning phase, I’m entering the “rinse cycle” — ha ha ha. Paradoxically, this passing nostalgia coexists with a deep sense of happiness. The happiness of a life to reinvent. And of discovering a new way of being a mother.
Fresh flowers blooming
Just before the heatwave hit, I took part in a floral workshop at Désirée Fleurs to celebrate the launch of Oden’s new limited editions. It was my very first outing since fracturing my toe, and I wasn’t sure I’d manage to stay on my feet for long. A stool had been set aside for me so I could put together my bouquet of local, seasonal flowers. The two founders of Désirée Fleurs and Marion Weber, Oden’s creator, were clearly meant to meet. All three are deeply committed to sourcing flowers grown with the greatest possible respect for the environment, in the hope of bringing more than beauty into everyday life. They could simply choose poetry, offering beauty in a vase or ready to apply onto the skin. But what guides them is a sense of purpose: giving us access to plants that, from stem to petal, have been grown with respect for both the earth and the people who handle them. I learnt that the pesticides used in industrial flower farming endanger not only agricultural workers, but florists too, who handle these flowers every day in their shops. So we happily set about creating bouquets with sweet peas, garden roses and locally grown peonies. For Mother’s Day, Marion Weber introduced us to Oden’s rose-printed gift box, which can be filled with whichever mists, serums or oils you choose. My four favourites are the limited-edition jasmine and Damask rose mist (the scent is extraordinary), the hydrating serum with hyaluronic acid and French aloe vera (exactly the kind of fresh texture I crave in this heat), the moisturising cream made with 100% French-grown plants (a light fluid that’s perfect for this season), and the Plum face oil I apply at night, whose fragrance drives me completely wild. The box can be tailored however you like, depending on your skin type. I love this brand so much. Support these women entrepreneurs — they are deeply inspiring.
My Thoughts on Pilates Teacher Training
The fourth and final module of my training in mat and equipment Pilates teaching came to an end in April 2026. I received many questions about the experience, which began in October 2025, so I’ll try to answer them here. On a whim, I enrolled in the “Basi” Pilates training programme offered by the beautiful Studio Rituel in Paris. I did not conduct an extensive comparison of the different Pilates schools, nor did I know that Basi was considered a contemporary variation of the method. The training dates fit my schedule, the opportunity presented itself, and I decided to trust Verena, the founder of the studio, who has been teaching Pilates in all its forms for more than twenty-five years, alongside Gyrotonic and yoga.
Why take on a new training programme?
My intention was to gain a deeper understanding of the method created by Joseph Pilates, become more autonomous in my own practice and integrate certain exercises into the classes I offer on my platform. Those goals were achieved. Unlike the other trainees in my group, I never felt any desire to teach machine-based Pilates or open a reformer studio. From the very first day of training in Paris, I realized I had committed to something far too ambitious given an already overloaded schedule, but by then it was too late to get a refund. So I persevered. And I’m glad I did, because I learned a great deal.
How does the training work?
Open to students who have already completed seventy hours of Pilates classes, the program is divided into four intensive four-day modules (the autumn 2026 program will run over three days instead of four), in addition to 40 professional 90-minute classes, 100 hours of observation — during which students take notes while a certified Basi teacher leads a class — 100 hours of personal practice and 200 hours of teaching practice, where we prepare and teach a full class to someone close to us willing to act as a test subject on the equipment. The final examination unfolds in three stages: an online multiple-choice exam in English covering the theoretical part of the course; four exercises selected at random, which must be performed flawlessly before a jury across all apparatus; and finally, a one-hour class taught to an unfamiliar student in front of a panel made up of teachers from Studio Rituel and outside instructors, in order to ensure an impartial assessment.
A Rigorous, High-Level Training Programme
If you are looking for a serious, demanding training program — one recognized by both the French Pilates Federation (FPMP) and the Pilates Method Alliance (PMA) — and your goal is to teach in a studio setting, whether privately or in group classes, then the international Basi Pilates program at Studio Rituel may well be for you. Be aware, however, that beyond the different training modules themselves, you will need to commit at least a full year to preparing for the final exam. Forget the crash-course certifications where everyone walks away with a diploma after forty-eight hours. There are no shortcuts here. The students in my cohort who have made the greatest progress practically live at the studio. They move from their own training sessions straight into observation hours, practice teaching one another between classes and continue studying at home, memorizing manuals and theory late into the night. There are hundreds of exercises to learn in meticulous detail in order to perform and teach them correctly, along with the specific “Basi” alignment system — a contemporary interpretation of Pilates that differs in subtle but important ways from so-called classical Pilates. It requires serious discipline and constant studying. Before fracturing my toe, I was going to Studio Rituel three times a week to train in the classes reserved for professionals, taking additional classes elsewhere and reading through my manuals at home in the evenings — and even that was not enough. One more thing: if you want to officially teach the “Pilates Method” in France, you must also hold a qualification recognized by the French Ministry of Sports, either a state-certified diploma or a professional coaching certification. Which means that some students in my program are simultaneously training for a sports coaching qualification on top of everything else. True warriors!
Progress and Humility
What I loved most about this training was everything it taught me — anatomically, theoretically and within my own practice. The way I look at the body, whether still or in motion, has changed. My posture, both in Pilates and in all the other sports I love, has improved; my muscular awareness has become far more refined, which allows me to identify much more precisely the areas that need work. I have developed a stronger sense of proprioception, but also a greater awareness of the exercises that are simply not suited to my body and can place it at risk. I learnt enormously from my teachers who, despite their different personalities and teaching styles, all share the same passion for transmission. Truly, I have rarely encountered such a high level of teaching. I loved becoming a student again and rediscovering the feeling of starting from scratch despite my experience teaching yoga. Above all, I came to understand much more clearly why Pilates is described as a system in which each apparatus complements the others. Does that mean I now master the repertoire? Not at all. If anything, I feel even more like a beginner today than I did a year ago. One of the great merits of this training is the way it teaches humility.
Difficulties and Reservations
What I found most difficult over these past months was the lingering sense of confusion that never quite left me. The Basi Pilates method trains students on all the apparatus simultaneously. This is a pedagogical choice made by the founder of the method, Rael Isacowitz. Personally, I find it easier to focus intensely on one element at a time — mat work, for example — before moving on to the next: the Reformer, the Cadillac, the Wunda Chair and so on. I often felt overwhelmed by the sheer volume of information that had to be absorbed all at once. Unless you devote most of your time to the training, gaps appear very quickly. And if your life is already overloaded, the whole experience can easily leave you feeling inadequate. I was also unsettled by the changes made to the classical exercises. I had to unlearn much of what I had acquired over the years to adapt to different breathing rhythms, new terminology and unfamiliar setups. In the end, I decided to step away from classical Pilates during the training because trying to hold several methods in my head at once — Romana and the others — simply became too confusing for me. Modules themselves are fascinating, but extremely intense. Perhaps it is an age thing, but I suspect I would have absorbed the material more effectively had the four condensed teaching days been spread across a full week, with more time between sessions to process everything. Finally, the training is expensive, with many additional costs accumulating throughout the process. For example — and this has nothing to do with Studio Rituel itself — I find it regrettable that Basi does not provide students with printed manuals. We are given access only to online manuals that cannot be printed unless we pay extra for printable versions, and then cover the printing costs ourselves. Students must also pay to sit the exam — which must be taken within three years of completing the final module — and pay again in the event of failure, rather like a driving test. I have no idea whether other schools operate the same way.
What Comes Next?
The fractured toe that has been limiting me for the past five weeks has brought my training to an abrupt halt. But even before completing my final module, I had already decided: I will not be preparing for the October 2026 exam. In fact, I am not even certain that I want to complete the program with a formal certification. Other projects are calling to me now, and they require my full attention. Perhaps I will change my mind within the next three years, if life gives me the freedom to dedicate six full months entirely to studying. I feel proud not to give in to the pressure of an upbringing that always taught me to finish whatever I started, whatever the cost. I am trying instead to stay faithful to what matters most deeply to me, even if that choice means letting go of the glittering prestige attached to the diploma. I have already learned an enormous amount, and I intend to continue practicing Pilates joyfully and at my own pace. I am, in fact, very eager to return to Studio Rituel. In any case, within a few months, some of the students from my cohort will become exceptionally talented certified teachers. For more information, click here. (Kind reminder: Studio Rituel is absolutely not paying me to write this honest account. I financed the training myself.)
Sirat, a path to reflection
The 2026 Cannes Film Festival has just come to an end, and only this year did I finally discover one of the films awarded the Jury Prize in 2025: Sirat (currently streaming on Canal Plus). I remembered hearing wildly divided reactions to Oliver Laxe’s film from people around me, but I had absolutely no idea what it was about. Which meant I had the rare privilege of watching it without expectations. Something unusual happened: from the very first minutes, I was completely absorbed by the image and the sound. My attention span in front of a television screen has deteriorated noticeably in recent months, and I’ll admit that the moment a film starts to bore me, I usually drift from my phone to my laptop without hesitation. Here, I stayed. A clandestine rave unfolds in the middle of a desert of breathtaking beauty. A man (played by Sergi López), accompanied by his son and a young dog, is searching for his daughter among the ravers. What follows is a road trip in trucks against the looming threat of a third world war. I could not honestly tell you whether I “liked” this film. To me, it fulfilled a far more interesting function than simply being enjoyable: it now lives somewhere inside me. It keeps raising questions about the meaning of our brief passage on earth. My own. Humanity’s. And about the invisible thread that binds us to one another. This dark fable brought back the shock I felt when reading The Road by Cormac McCarthy. I remember being deeply unsettled by the spareness of the language used to describe a father moving blindly through a post-apocalyptic world. I also found myself thinking of the theatre of the absurd — of Eugène Ionesco and Samuel Beckett — those moments when one no longer knows where one is, or where one is going. Sirat, which means “path” in Arabic, offers a powerful and abrasive experience. A path toward spiritual reflection. Uncomfortable, certainly. But extraordinarily fertile ground for thought.







Très émue en te lisant Lili. Merci pour tes partages à coeur ouvert toujours empreints de recul qui équilibre avec les émotions.
Merci Lili pour cette newsletter toujours intéressante et touchante.
Je suis heureuse pour toi que ta fille ne s’installe pas trop loin,vraiment…Quand je repense au moment où j’ai du quitter mes parents pour mes études à 17 ans,j’en ai encore des frissons…On chialait tous énormément moi et mes parents!…et ça a duré des années…Après nous en avons ri ensemble mais sur le moment c’était déchirant..
Je vais vite voir Sirat!
Bon rétablissement Je t’embrasse ❤️❤️🌸