À fleur de peau
Astuce cicatrisante, cashmere abordable, recettes indiennes et messages artificiels: dernière récolte de mes découvertes. English translation included
Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Bastien, mon mari. On a pile le même âge et cela n’arrive que six mois dans l’année : il se vante constamment d’avoir un an de moins que moi alors que nous n’avons QUE six mois d’écart. Lundi, j’ai pourtant eu l’impression de faire un saut dans le temps et de perdre dix ans l’espace d’une soirée. J’ai remis le prix de l’innovation maquillage dans le cadre de la cérémonie du prix d’excellence de la beauté du magazine Marie Claire (je faisais partie du jury cette année, je vous reparlerai de mes découvertes bientôt) et j’ai ainsi retrouvé des dizaines de visages que je n’avais pas revus depuis que j’ai quitté la presse écrite en 2016. Joie immense de retrouver des personnes que j’estime, des femmes aussi drôles qu’intelligentes. Et sensation étrange. Comme si la vie me proposait d’entrer à l’intérieur d’un album photo et de me reconnecter à celle que j’étais il y a dix ans. Un peu comme lorsqu’on retourne dans une maison qu’on a habitée, enfant, ou dans une salle de classe adorée. J’ai ressenti énormément de tendresse pour celle que j’étais il y a dix ans. Je me suis aussi souvenue de combien je souffrais alors. Pas à cause de mon milieu professionnel. Mais parce que je ne me sentais plus à ma place. Pourtant, je n’avais aucune idée de l’endroit où je voulais être ni de ce que je voulais faire. Je me sentais ingrate envers ce que la vie m’offrait. Une éternelle insatisfaite. Je l’écris pour celles et ceux qui sont appelés ailleurs, sans savoir où, et qui sont terrorisés. Demain, je pars en Autriche accompagner un groupe d’élèves pour une retraite de yoga. Je savoure ma chance de me sentir, aujourd’hui, au bon endroit. Je ne pensais pas, en 2016, que ce serait possible un jour.
L’événement à ne pas manquer si vous aimez le cashmere !
Je donne l’impression de faire mille choses sur les réseaux sociaux. C’est faux ! Je suis très sélective et j’accepte peu d’invitations car l’essentiel de ma semaine se divise entre mon travail rédactionnel derrière l’ordi et mon entrainement sportif. Néanmoins, il y a des personnes à qui je dis toujours oui. En décembre, j’ai participé à un déjeuner organisé par Amélie du Chalard dans sa galerie d’art où j’ai rencontré des femmes ultra inspirantes. Parmi elles, Camille co-fondatrice d’un projet génial qui s’appelle Imparfaite. Il y avait beaucoup de monde à table mais on a eu un coup de cœur mutuel et ressenti l’envie de mieux se connaitre. Camille et son associée Ariane sont des dingues de vêtements rares. Elles ont créé un site de vente de prêt-à-porter vintage qu’elles ont baptisé Imparfaite et qui a pris une tournure géniale après le Covid. Une très belle maison française leur a proposé un stock de souliers neufs qui portaient des défauts imperceptibles. Elles ont fait un tel carton avec cette première vente qu’elles sont devenues les reines pour dénicher des stocks de pépites neuves et invendues. Elles sélectionnent leurs marques préférées, vérifient la qualité irréprochable des pièces qui n’ont jamais été portées et mettent en vente leur butin. Après Reformation, Sœur, Pascale Monvoisin, Barbour, Carel et bien d’autres, elles ont réussi à négocier un stock de cashmere de la maison Bompard à petits prix. Le bon plan mode à garder en tête puisqu’elles organisent des ventes de ce type, plusieurs fois par mois, toujours avec de sublimes marques. J’adore cette idée de cercle vertueux qui offre un temps long au cycle actuel de la mode. C’est l’anti fast fashion ! Des pièces luxueuses qu’on aura envie de garder longtemps dans son vestiaire (enfin, à moins que ma fille me les pique, ce qui est un autre problème). Du coup, si vous avez envie d’un gilet tout doux ou d’un pull douze fils pour la fin de l’hiver, allez fissa sur le site Imparfaite, leur vente Bompard a lieu de dimanche 8 février au mardi 10, dans la limite des stocks disponibles. Et pour suivre leurs actualités sur Instagram, c’est par ici !
L’astuce à quatre euros qui va peut-être changer vos cicatrices
Retour sur ma petite cicatrice sur la joue. Si vous n’avez pas suivi les précédents épisodes, voici un résumé. En 2025, j’ai découvert une petite masse sur ma joue droite qui ressemblait à une piqûre d’araignée. J’ai consulté plusieurs dermatologues qui ont diagnostiqué un kyste bénin mais logé en profondeur. Enfin, vu l’épaisseur de l’épiderme, on n’est pas non plus à des kilomètres de la surface visible. Après l’été et sans doute à cause du soleil (malgré mes précautions en matière de protection), il a évolué et a rougi en surface. Et puis, en octobre, un creux est apparu en plein centre, comme si le truc s’auto désintégrait. Sauf qu’au lieu de disparaitre, la cicatrice semblait se reformer chaque jour. Inquiète, j’ai consulté plusieurs dermatos qui ont fini par brûler la surface avec de l’azote en novembre. C’était censé tout arranger. Mais en janvier, je me suis inquiétée de ne pas voir cette imperfection dérougir. Évidemment, comme ça m’obsédait, je suis tombée sur le post Instagram d’un médecin parlant des carcinomes. Grosse angoisse. Retour chez ma dermato qui m’a prise en urgence. « Ce n’est pas un cancer, je vous le signe à 350 000%, vous m’avez bien comprise ? Donc vous vous enlevez ça du crâne ! ». Soulagement. J’ai trois amies qui ont eu des cancers de la peau ces dernières années. Je ne prends donc pas les histoires cutanées à la légère. Ma dermato a ajouté : « On est d’accord ? Ce n’est pas grave ! ». Elle a fait une pause, a regardé de près et a conclu : « Ce n’est pas grave. Mais… c’est moche ! ». J’ai éclaté de rire. Elle m’a prescrit des capsules de Toco 500, un concentré de vitamine E. Mais au lieu de les prendre par voie orale, son ordonnance consiste à percer la gélule avec une aiguille stérile et appliquer le liquide visqueux directement sur la cicatrice, matin et soir. Elle m’a déjà filé ce truc pour accélérer une cicatrisation après une chirurgie. Et le résultat avait été bluffant. En dix jours, le diamètre de la rougeur du kyste a enfin diminué, la croûte a disparu, le relief s’est lissé, c’est fou. Pourtant, j’en ai essayé des produits avant celui-ci. On m’avait recommandé l’huile de ricin (zéro évolution), la Pommade réparatrice intensive de CeraVe et toute une cargaison de crèmes réputées pour leurs propriétés cicatrisantes qui n’ont malheureusement pas marché. Je précise aussi que j’ai la peau sensible et que je ne peux malheureusement pas utiliser de formules à base de rétinoïde, même dans les formes dites « douces ». Les gélules de Toco 500 s’achètent en pharmacie au prix de 4€ les 30 capsules. Une capsule dure deux à quatre applications en ce qui me concerne. Attention : il faut bien se laver les mains avant de manipuler les gélules et appliquer le contenu sur la cicatrice propre et sèche. Disclaimer: le Toco 500 est un médicament qu’on peut acheter sans ordonance. Veuillez vérifier si votre état de santé vous permet de l’utiliser comme ma dermatologue me l’a recommandé avant de l’acheter. Autre astuce de ma dermato si vous avez la peau du corps très sèche. D’abord, elle recommande de privilégier les crèmes aux huiles car - d’après elle – « les émulsions (mélange eau + huile) sont plus efficaces » pour stopper la déshydratation. Ensuite, au lieu d’étaler, elle recommande d’appliquer la crème en tapotant les zones sèches sans chercher à faire pénétrer le produit, avant de se brosser les dents le soir. D’après elle, la crème est entièrement absorbée le temps du brossage et l’on peut ensuite se glisser dans son pyjama sans risquer de rester collé au tissu. À essayer, vous me direz !
L’IA est-elle acceptable lorsqu’elle sert un message qui nous plait ?
Ces derniers jours, une vidéo a beaucoup circulé sur Instagram. Une petite fille semblant sortie d’archives de l’INA répond à un journaliste et déclare au sujet du futur que cela ne l’intéresse pas « car on invente plein de trucs pour aller plus vite mais que personne ne sait où l’on va ». J’avais un doute mais comme je suis abonnée au compte de Ninon, cette experte qui décrypte l’intelligence artificielle sous tous les angles, j’ai aussitôt appris que cette vidéo avait été générée par une IA. Beaucoup de personnes auxquelles je suis abonnée l’ont partagée dans leurs stories et lorsque je leur ai signalé qu’il s’agissait d’une IA, tous m’ont répondu que ce n’était pas grave puisque le message était « juste ». Je ne partage pas cet avis. Je n’ai rien contre les contenus artificiels mais il me semble important de prévenir lorsqu’il s’agit d’une création et non d’une archive. Ninon explique que la raison de l’émergence de ces fausses vidéos d’archives est liée au fait que ces filtres « eighties » masquent les erreurs visibles que l’IA n’arrive pas encore à éliminer. Aiguisons notre regard à distinguer le vrai du faux, tant que c’est encore possible. Apprenons à reconnaitre le son métallique dans les voix, les angles morts et les mains à six doigts. Même et surtout quand le message sert une narration qui nous convient. C’est là que nous sommes les plus fragiles. Les plus perméables à la manipulation. Nous sommes déjà tellement poussés par les algorithmes à croire que le monde entier est d’accord avec nous… Le discernement humain est en voie de disparition. Cultivons cette capacité si précieuse !
Partir en Inde avec Beena Paradin Migotto
Lorsqu’elle entend des gens dire qu’ils n’aiment pas la cuisine indienne, Beena Paradin Migotto lève les yeux aux ciels. Cette chercheuse en saveurs née au Kerala l’explique pourtant très bien : « Ceux qui pensent ne pas aimer la cuisine indienne ont forgé leur avis dans des restaurants médiocres. C’est un peu comme si l’on jugeait l’intégralité de la gastronomie française après avoir déjeuné dans un self d’autoroute ou une brasserie qui sert des plats surgelés. Cela m’attriste car la cuisine indienne est d’un grand raffinement » m’a-t-elle confié. Auteure de cinq ouvrages dédiés à la cuisine, dénicheuse d’épices rares pour la famille Roellinger (elle a co-écrit un livre avec Mathilde Roellinger sur les boissons à base d’infusions d’épices dont je vous ai déjà parlé), entrepreneure et consultante en stratégie, Beena a créé son dernier livre avec sa mère Padmavathi Paradin. Ce recueil de recettes de famille est sorti il y a quelques années et a été entièrement modernisé, enrichi et transformé dans une nouvelle édition sortie le 30 janvier chez La Martinière. « Inde » regroupe 60 idées pour inviter la région du Kerala à sa table. Parathas farcis au poulet, croquants de blé au massala, biryani d’agneau, flan à la pistache, achar de crevettes : vous allez vous régaler ! En prime, le livre est aussi beau qu’un carnet de voyage. Tellement hâte de retourner dans ce pays métamorphique. Inde de Beena Paradin Migotto et Padmavathi Paradin, éditions La Martinière
Tout est politique
Lors des dernières élections européennes, j’avais parlé de la nécessité d’exercer son droit de vote. Sans dire pour qui j’allais voter ni culpabiliser les abstentionnistes. J’ai perdu quelques abonnées de ma newsletter - peu - qui m’ont dit qu’elles regrettaient que je parle « politique ». Elles préféraient que je me concentre sur le yoga et les recommandations « massage ». J’avais pourtant l’impression que le sujet n’était pas du tout nouveau pour moi. Lorsque je mets en avant des marques qui privilégient des systèmes de fabrication éthique, des restaurants qui travaillent exclusivement avec l’agriculture biologique ou des professionnels de santé qui tentent de métamorphoser la manière dont on nous soigne, je dis déjà beaucoup des valeurs qui me sont chères et du monde que je voudrais voir émerger. Dans mes cours de yoga, quand je diffuse un enseignement sur la nécessité de se reconnaitre en l’autre, cela a une dimension politique, que je le veuille ou non. L’actualité aux États-Unis a poussé de nombreux créateurs de contenu (ainsi que des célébrités) à sortir de leur neutralité pour se révolter publiquement contre l’ICE, la police fédérale anti-immigration. Je pense notamment à The Korean Vegan cette ancienne avocate américaine suivie par plus d’un million d’abonnés sur Instagram pour ses recettes de cuisine coréenne. Depuis l’élection de Trump, sa ligne éditoriale a bougé. Elle ne peut plus se contenter de partager uniquement des recettes, l’heure est trop grave. L’algorithme m’a proposé des dizaines de vidéos de ce type, issues de profs de Pilates, de yoga, d’influenceuses mode, de créateurs de beauté ou de podcasteurs. Dans l’une de ses dernières newsletters, Richard Christiansen, le créateur de la marque californienne Flamingo Estate, l’a aussi fait en parlant de la collaboration des abeilles qui fabriquent le miel qu’il vend pour conclure par la nécessité de continuer à privilégier l’entraide et le soutien dans un climat politique américain ultra violent. Ces diverses prises de parole m’ont fait du bien. Et cela m’a interpelée. Mon envie est de partager des découvertes qui font du bien, d’enclencher des discussions, de susciter des réflexions et d’honorer ce qui m’émeut dès lors que cela déploie mon humanité. Est-ce suffisant compte tenu des enjeux futurs ? Je ne sais pas. Mais je sens que l’époque risque d’exiger une réponse à cette question…
English translation
Today is my husband Bastien’s birthday. We are exactly the same age — a condition that lasts only six months of the year. He usually delights in claiming he is a year younger than I am, though in truth only six months separate us. And yet on Monday, I felt as if I had slipped through time and shed a decade in the span of an evening. I presented the award for innovation in makeup at the Marie Claire Beauty Excellence Awards ceremony — I served on the jury this year and will share my discoveries soon — and found myself face to face with dozens of people I had not seen since leaving print journalism in 2016. There was the immense joy of reconnecting with women I admire, as witty as they are intelligent. And then there was the strange sensation of stepping into a living photo album, of meeting again the woman I had been ten years earlier. It felt like returning to a childhood home, or to a beloved classroom long since left behind. I felt great tenderness toward that former self. I also remembered how much I was suffering at the time — not because of my professional environment, but because I no longer felt I belonged. I had no clear sense of where I wanted to be or what I wanted to do. I felt ungrateful for what life was offering me. Perpetually dissatisfied. I write this for those who feel called elsewhere, without knowing where “elsewhere” is, and who are frightened by that pull. Tomorrow, I leave for Austria to host a yoga retreat. I savor the privilege of feeling, today, that I am in the right place. In 2016, I would not have believed that such a feeling would one day be possible.
The Event Not to Miss If You Love Cashmere
I may give the impression of being everywhere on social media. I’m not. I am highly selective and accept few invitations; most of my week is divided between writing at my desk and athletic training. Still, there are certain people to whom I almost always say yes. In December, I attended a lunch hosted by Amélie du Chalard at her art gallery, where I met a group of deeply inspiring women. Among them was Camille, the co-founder of a brilliant venture called Imparfaite. The table was crowded, but we felt an immediate spark — and a shared desire to continue the conversation. Camille and her partner, Ariane, are devoted hunters of rare clothing. They created Imparfaite as a vintage ready-to-wear marketplace, and the concept evolved in striking ways after the pandemic. A prominent French house approached them with a stock of new shoes bearing nearly imperceptible flaws. The sale was such a success that the two founders became known for uncovering unsold treasures — pristine pieces that had never been worn. They select their favorite brands, verify the impeccable quality of the garments, and release each carefully curated trove online. After collaborations featuring Reformation, Sœur, Pascale Monvoisin, Barbour and Carel, among others, they have now secured a cache of cashmere from the house of Bompard at markedly reduced prices. It is the sort of fashion opportunity worth keeping in mind. These sales take place several times a month, always spotlighting exceptional labels. I am drawn to the virtuous circle it suggests — a slower rhythm in an industry defined by relentless turnover. It is, in essence, the opposite of fast fashion: luxurious pieces designed to remain in a wardrobe for years (unless, of course, my daughter claims them first, which is another matter entirely). So if you are in search of a soft cardigan or a dense, twelve-ply sweater to carry you through the end of winter, head to Imparfaite. The Bompard sale runs from Sunday, February 8, through Tuesday the 10th, while supplies last. And to follow their updates on Instagram, you know where to look.
The Four-Euro Trick That May Just Change Your Scars
A brief return to the small scar on my cheek. If you haven’t followed the earlier episodes, here is the condensed version. In 2025, I discovered a small lump on my right cheek that looked like a spider bite. Several dermatologists diagnosed it as a benign cyst lodged deep beneath the skin — though, given the thickness of the epidermis, not that far from the visible surface. After summer, and likely because of sun exposure (despite careful sunscreen use), it evolved, turning red at the surface. Then, in October, a hollow appeared at its center, as if the thing were disintegrating on its own. Except it did not disappear. Each day, the mark seemed to reform. Concerned, I consulted more dermatologists. In November, one cauterized the surface with liquid nitrogen. That was supposed to settle it. By January, the redness had still not faded, and anxiety crept in. Because I had become slightly obsessed, I stumbled onto an Instagram post by a physician discussing carcinomas. Panic followed. Back to my dermatologist, who saw me urgently. “It is not cancer — I’ll sign that at 350,000 percent, do you understand? So you can remove that from your head.” Relief. Three of my friends have had skin cancer in recent years; I do not take dermatological issues lightly. She paused, examined the spot again, and added: “We agree? It’s not serious.” Another pause. “Not serious. But… it looks ugly.” I burst out laughing. Her prescription was unexpected: Toco 500 capsules, a concentrated form of vitamin E. Not to be taken orally, but pierced with a sterile needle, the viscous liquid applied directly to the scar morning and night. She had once recommended the same treatment to speed healing after a surgical procedure. The results then had been striking. Within ten days, the redness around the cyst had finally begun to shrink. The scab disappeared. The raised texture flattened. Remarkable — especially after the parade of products I had tried beforehand. Castor oil (no change). CeraVe’s Advanced Repair Ointment. A small arsenal of creams celebrated for their healing properties, none of which delivered. I should add that my skin is sensitive; even so-called “gentle” retinoid formulas are not an option for me. Toco 500 capsules cost about four euros for a box of thirty at the pharmacy. For me, a single capsule lasts between two to four applications. Disclaimer: Toco 500 is a medication available without a prescription. Please make sure that your health condition allows you to use it as my dermatologist recommended before purchasing it. A note of caution: wash your hands thoroughly before handling the capsule, and apply the contents only to clean, dry skin. One more tip from my dermatologist, for those with very dry body skin. She advises choosing creams rather than oils; in her view, emulsions — mixtures of water and oil — are more effective at preventing dehydration. And rather than rubbing the cream in, she suggests gently patting it onto dry areas without attempting immediate absorption, then brushing your teeth. By the time you are finished, she says, the product will have fully absorbed, and you can slip into your pajamas without sticking to the fabric. Worth a try. Let me know how it goes.
Is AI Acceptable When It Delivers a Message We Like?
In recent days, a video has circulated widely on Instagram. A little girl, seemingly lifted from the archives of France’s INA, responds to a journalist and declares that the future does not interest her “because we keep inventing things to go faster, but no one knows where we’re going.” I had my doubts. But because I follow Ninon — an expert who analyzes artificial intelligence from every angle — I quickly learned that the video had been generated by AI. Many of the people I follow shared it in their Instagram stories. When I pointed out that it was artificial, they all replied that it didn’t matter, since the message was “true.” I disagree. I have nothing against synthetic content. But it seems essential to disclose when something is a fabrication rather than an archive. Ninon explains that the rise of these counterfeit archival videos is partly due to the popularity of “eighties” filters, whose grainy patina conveniently conceals the visual glitches AI still struggles to eliminate. We must sharpen our gaze while it is still possible to distinguish the authentic from the manufactured. Learn to hear the metallic undertone in a voice. Notice the blind angles. Count the fingers — sometimes six instead of five. Especially when the message reinforces a narrative we already embrace. That is when we are most vulnerable. Most susceptible to manipulation. Algorithms already nudge us toward the comforting illusion that the entire world agrees with us. Human discernment feels increasingly endangered. It is a faculty too precious to lose — and one we would do well to cultivate.
Traveling to India with Beena Paradin Migotto
Whenever she hears someone say they don’t like Indian food, Beena Paradin Migotto rolls her eyes to the sky. This flavor researcher, born in Kerala, explains it very clearly: “Those who think they don’t like Indian cuisine have formed their opinion in mediocre restaurants. It’s a bit like judging the entirety of French gastronomy after having lunch at a highway cafeteria or a brasserie serving frozen dishes. It saddens me, because Indian cuisine is extraordinarily refined,” she told me. The author of five cookbooks, a seeker of rare spices for the Roellinger family (she co-wrote a book with Mathilde Roellinger on spice-infused beverages, which I’ve already mentioned to you), as well as an entrepreneur and strategy consultant, Beena created her latest book with her mother, Padmavathi Paradin. This collection of family recipes was first published a few years ago and has now been fully modernized, expanded, and transformed in a new edition released on January 30 by La Martinière. Inde brings together 60 ideas that will make you feel in Kerala during your meals. Chicken-stuffed parathas, crispy wheat bites with masala, lamb biryani, pistachio flan, shrimp achar — you’re in for a feast. As a bonus, the book is as beautiful as a travel journal. I can’t wait to return one day to this country that moved me so deeply. Inde by Beena Paradin Migotto and Padmavathi Paradin, published by La Martinière.
Everything Is Political
During the European elections, I wrote about the importance of exercising one’s right to vote — without disclosing whom I intended to support or shaming those who chose to abstain. I lost a few newsletter subscribers — not many — who told me they regretted that I was talking about “politics.” They would have preferred that I stick to yoga and “massage” recommendations. Yet it did not feel new to me. When I highlight brands that prioritize ethical manufacturing, restaurants committed exclusively to organic agriculture, or health professionals working to transform the way we are treated, I am already expressing a set of values — and a vision of the world I hope to see emerge. In my yoga classes, when I teach about the necessity of recognizing oneself in another, that, too, carries a political dimension, whether I intend it to or not. Recent events in the United States have prompted many content creators — and celebrities as well — to step out of neutrality and publicly denounce ICE, the federal immigration enforcement agency. I am thinking in particular of The Korean Vegan, the former American lawyer followed by more than a million people on Instagram for her Korean recipes. Since the election of Donald Trump, her editorial line has shifted. She can no longer limit herself to sharing recipes; the moment feels too grave. The algorithm has delivered dozens of similar videos to my feed — from Pilates instructors, yoga teachers, fashion influencers, beauty creators and podcasters. In a recent newsletter, Richard Christiansen, founder of the California-based brand Flamingo Estate, did the same. Reflecting on the collaboration of the bees that produce the honey he sells, he concluded with a call to preserve solidarity and mutual support in an American political climate marked by extraordinary violence. These public statements have brought me a measure of comfort. They have also unsettled me. My instinct is to share discoveries that uplift, to spark conversations, to encourage reflection and to honor what moves me, so long as it deepens my humanity. Is that enough, given what lies ahead? I am not sure. But I sense that our era may soon demand an answer.
















J’ai l’impression que ce texte pointe un basculement important : on peut encore parler de bien-être, de création ou de divertissement, mais on ne peut plus faire comme si ces espaces étaient hors du monde.
Ce déplacement mérite d’être nommé. Merci de l’avoir fait.
Bonsoir Lili et merci pour ce moment de partage, de générosité er de douceur. 🌸
Ca va être un mère veilleux voyage 🥻🪷🕉️ avec une guide géniale à tes côtés.